16.12.2011

Lettre à un ami de l'autre rive

Les photos ne sont que prétexte louable à mon sens pour que chacun d'entre  nous s’exprime pour tenter de comprendre les tenants et les aboutissants de ce mode islamique étranger en dehors de ses frontières géographiques traditionnelles arabe et asiatique mais aussi extrémiste en nos contrées de la rive sud méditerranéenne. Extrémiste car aujourd'hui il touche la Tunisie dans sa modernité.

Ce que je voudrais expliquer à nos amis de l'autre rive c’est le contexte très diffèrent entre l'Europe traditionnellement judéo chrétienne et nos pays traditionnellement musulmans, (le judaïsme minoritaire est quand même  historiquement présent). Je me bornerai par ailleurs à parler de la Tunisie et de mon vécu personnel.

L'Islam en Europe est né après la deuxième guerre mondiale et commença à s'enraciner à partir des années 80 par le regroupement familiale . Il l'a été d'abord par la machine des deux guerres et celle de l'Indochine où européens, africains et nord africain sont tombés pour la Liberté mais aussi pour l'intérêt des puissances impériales où ces pauvres hommes ont servis de "chair à canon". Suite à cela et pour des raisons économiques, les puissances coloniales ont fait appel à la sueur des colonisés pour reconstruire l'Europe.

Je voudrais ouvrir une parenthèse pour dire que ces soldats musulmans n'ont jamais été indemnisé comme leurs compagnons d'armes français; il a fallu et suite au film “Indigènes“ et grâce au comédien Jamal Debouz  que Jacques Chirac alors président régularisent leurs situations.Trop peu et trop tard.

Toutes ces personnes s'installèrent dans des conditions inhumaines et d'autres générations naissantes dites deuxième et troisième essayèrent et essayent encore de "s'intégrer". Natives en Europe, ces générations sont bi-nationales.

Une crise identitaire s'ensuit pour de multiples raisons (intégration, racisme, urbanisation zonal...). Cette crise identitaire est accentuée par le problème israelo-palestinien où se reconnait tout musulman voir tout arabe; elle est instinctive à la culture arabo musulmane où la “Umma“ (étymologiquement de mère, désigne tout musulman en dehors de toute nationalité; une communauté de foi où la transcendance des clivages est rarement atteinte à cause de l’hétérodoxie)

L’autre rive nous observe et pas seulement, voulant nous dicter à sa manière ses valeurs démocratiques avec un préjugé: l’amalgame des musulmans en une seule identité religieuse, alors que nos identités diffèrent belle et bien l’une de l’autre. Il aurait fallu que les occidentaux nous observent  à partir du dedans et non du dehors et ils verront l’autre réalité sociologique.

Les colonisateurs “civilisateurs“ vinrent interrompre l’évolution de l’histoire de nos pays en oubliant sa culture et sa civilisation. 

En Ifrikya l’université de la Zitouna naquit an même siècle  que la Sorbone.  

La Tunisie a des frontières et un Etat depuis la dynastie Hafsides (XIIIè-XVIé siècle). Elle a été la première «province» à se rebeller contre le calife musulman, au IXè siècle. Elle a été le premier pays arabe à se doter d’une constitution (1861) et abolir l’esclavage (1846) par Ahmed Bey, deux ans avant la France, pays des droits de l’homme. 

 

Aucun modèle de démocratie n’est exportable d’un pays à un autre. Chaque pays a ses spécificités, sa culture politique, ses us, ses coutumes, son histoire.. La démocratie se construit en fonction des attentes de son peuple. Il n’y a pas un moule adaptable. 

La France pays des droits de l’Homme a mis longtemps à rejoindre le camp des révolutions arabes; sa position de par la bouche de son President et de son ministre des affaires étrangères  a été choquante quand elle met au conditionnel par une ligne rouge l'octroi de l’aide du G 8. La Tunisie ne fait pas de mendicité.  Le ras de marée islamique est là. Après la Tunisie et la Libye, le Maroc et l’Egypte ont élu des parties islamistes.

C’est une réalité, on ne rejette pas la modernité, mais l’élection des parties conservateurs des pays méditerranéens a été un vote sanction pour rétablir une morale et encrer une identité. C’était une quête des valeurs spoliées par un régime mafieux. On remarquera l’absence de leaders au moment de la révolte ainsi que l’ouverture multiculturel des manifestants en employant le “Dégage“, game over, qui fit le tour du monde.

Ainsi les électeurs votèrent pour les principes d’honnêteté et d’équité. Nous étions bien sur un terrain propice. Sans démocratie les jeunes se ruèrent vers les mosquées, seule espace de dialogue.

 

 la politique est aussi un jeu d'alliance qui se font et se défont aux grès des pressions des uns et des autres, un puzzle parfois difficile à réaliser, voir irréalisable sinon notre monde ne serait pas ce qu'il est! 

Notre Tunisie se reconstruit avec de nouvelles donnes. La naissance de cette nouvelle république II se fera très certainement aux forceps.

La première république est né dans la révolte pour la Liberté et l'indépendance; ses géniteurs, si je puis dire étaient des hommes des "Lumières" et avec les propres armes de celles ci ont été victorieux face à un protectorat colonialiste.

Cette fois la jeunesse s'est soulevé contre ses propres dirigeants. Assoiffée de la liberté acquise depuis 1955 et non consommée elle la revendiqua corps et âme jusqu'au péril de sa vie. 

La donne est aujourd'hui autre, la démocratie si cher à l'humanité est née et s'en racine, j'ose l'espérer. Au jour un nouveau contexte géopolitique est entrain de se former dans cette Afrique du nord d'où est né, grâce à l'héritière de Carthage et  de Kairouan, la révolution dite du Jasmin. Nous voilà donc dans une nouvelle dimension d'un sud méditerranéen, que ne déplaise à son nord dit islamiste (j'emploie ce mot dans sa compréhension original, non politique). Le ras de marré des urnes ne fait que confirmer son appartenance à l'islam. Le Maroc  et l’Egypte viennent de passer eux aussi le Rubicon si craint par cette occident donneur de leçon. 

 L'écharpe verte nord africaine ne fait que retrouver le court de son histoire interrompu par une colonisation douloureuse qui a aussi  permis une autre richesse pour ceux qui ont su séparer le bon  grain de l'ivraie…   

Que veulent les occidentaux? 

Très mal accueilli, donneurs de leçon ils ont parfois prouvé leur méconnaissance des nations arabes. Ils rencontraient nos dirigeants et les maintenaient au pouvoir pour servir leurs intérêts. Les scandales de France Afrique en disent long à ce sujet d'actualité.

Aux pays de cette renaissance citoyenne de prendre son destin en main, il ne peut en être autrement, de prouver au monde la grandeur de notre passé et la victoire de notre avenir démocratique. Les relations avec le nord devront se faire gagnant/gagnant, sans complaisance, sans quoi les regards ne se feront que dans un seul sens, nous sommes des citoyens du monde, l'universalité est notre credo.


23.03.2011

Reveil et réactivation du blog pour la post révolution.

 

"Il y a des choses que l'on ne se permet plus, de peur que le peuple ne les refuse. Mais il y a aussi une difficulté à cerner le visage de ce peuple à qui l'on doit tout et qui reste plus ou moins introuvable, comme  pendant la révolte de Mai 68 en France"

Ces lignes sont de jean Daniel à propos de la post révolution.

Réveil et réactivation du blog:

Mes anciens lecteurs et blogueurs seront probablement surpris de cette reprise. J'ai quitté la blogosphére sur la pointe des pieds en 2006. La réactivation de mon blog, MOT-DIRE-LES MAUX, est due à la Révolution.

Toute mon enfance, mon adolescence, ma jeunesse et même après ont été Bourguibienne quoique n'ayant jamais adhéré à aucun parti. Si j'ai une chose à reproché au père de cette grande nation c'est sa dictature combien même éclairé qui, aussi, a également préparait le lit du Benalisme.

En 1987, comme tout le peuple tunisien, j'ai cru à la délivrance. Hélas je subissais une autre dictature pire que la précédente car mafieuse, policière et assassine. Sous l'ancien régime nous nous abêtissions et étions complètement mort intellectuellement. La tunisienne et le tunisien étaient devenus des légumes; penser, parler devenaient un danger. L'autocensure prévalait et devenait instinctive même dans les moments intimes. Quand j'arrivais à l'étranger j'avais l'impression que la liberté avait une fragrance, je me sentais subitement épanoui et mon sang circulait si bien que je pensais rajeunir et mieux aimer ce qui m'entoure; c'est fou?

 Bloqué à Paris quand la révolte éclata, je l'ai suivi à travers la presse écrite et télévisuelle. Quelle fierté d'être tunisien en France: les français vous apostrophaient pour vous dire leur bonheur de nous savoir libre et révolutionnaire, cette France qui à moment de notre histoire nous privait de nos libertés. C'est du passé, on pardonne mais on n'oublie pas. Ne pas oublier c'est parler cette merveilleuse langue dont un mot, après  cinquante six ans d'indépendance  à jaillit de notre mémoire dans cette langue révolutionnaire, celle de Voltaire, le mot qui a retenti et fait vibrer toute un pays hissé par sa jeunesse ce mot si simple si significatif ; " DEGAGE".

La révolution, un Tsounami de liberté m'a envahi. Je me sens en apnée, et impossible de sortir la tête de l'eau pour respirer la liberté. Après avoir subi toute ma vie autant de dictature comment comprendre les libertés. C'est trop beau pour être vrai! Et pourtant la vie de tous les jours me sort de cette stupeur grâce à cette extraordinaire jeunesse populaire qui brisa cette chape aux prix de nombreux martyres  et non des moindres Mohamed BOUAZIZI, symbole de la Tunisie libre et démocratique.

La révolution tunisienne

 

Hissée par un jeune au-dessus de la foule des manifestants, une jeune tunisienne, visage fougueux et révolté tend un  bras accusateur qui n’est pas sans nous rappeler  le tableau d’Eugene Delacroix  «la liberté guidant le peuple»  1830.

 

imgres.jpeg

 

Cette  photo sera t-elle demain  dans nos livres d’histoire à l’honneur des  12, 13  et 14 janvier 2011 (nos trois glorieuses) témoignant de la lutte de la jeunesse scandant Liberté, Travaille, Dignité.

 

La femme tunisienne a été la figure de prou de cette révolte.

Cette jeune fille était sur les épaules d’un jeune homme, comme d’autres, montrant leur  égalité,  voire propulser cette égalité entre les deux sexes.  Le combat pour la liberté émane ainsi  de toutes et de tous. Ces femmes jeunes, vielles, en jean, en fichu étaient très présentes.

183984_10150109473174000_806023999_6179509_7088108_n.jpg

 

Un moment d’une rare intensité et avec la non violence,  fut celui où les manifestantes et les manifestants mains en l’air huant et conspuant  faisaient le signe « Dégage ». J’ai une pensée  pour Habib Bourguiba, sans le quel ces tunisiennes ne seraient pas ici aujourd’hui.   

Cette révolte est partie des cœurs des wilayas et envahit  la capitale engendrant, il faut l’espérer, une révolution.  Apôtre de la non violence le peuple tunisien essaime ainsi cette révolte à travers tout le pays. Cela laisse penser à certains occidentaux que ce n’était que des émeutes de la faim. Le régime essaya d’étouffer le mouvement par le “ je vous ai compris “ mais cela n’a pas suffit. Nous sommes  belle et bien dans une démarche révolutionnaire.

L’occident politique avec ses gouvernants, ses experts, comme ses journalistes n’ont rien vu venir. Je ne comprends pas leur l’hypocrisie. Nous étions dans une dictature et nous étouffions. L’ignorance leur a t elle à ce point fermé les yeux ? 

L’Europe le savait, la France et les USA soutenait ce régime autoritaire, despotique et dictatorial.  Manger à notre faim (ce qui s’est révéler être inexacte après le soulèvement), et l’émancipation de la femme tunisienne étaient suffisant aux yeux des pays démocrates qui timidement parlaient des droits  de l’homme  à nos dirigeants despotes.

Les USA décalé, l’Europe neutre voir insignifiante, c’est la Turquie qui sera le modèle, je l’espère, pour notre futur  révolutionnaire car modéré, laïque et où l’Islam est un anti islamisme. Nous avons heureusement une armée républicaine formée, et cela est important, dans l’esprit  Bourguibien, en France et aux USA. Elle n’a pas tiré sur le peuple, elle l’a protégé, contrairement à Berlin, Budapest, Prague, Pékin et en Libye. Là est sa grandeur. 

 Certain intellectuels et ou politiques en occident et ailleurs disent deux mois après  le début de la révolte ne pas avoir vu venir ce soulèvement  pensant  que le peuple tunisien manquait de maturité politique et  que démocratie ne semble  pas être compatible avec notre peuple.  A cette interrogation, je réponds en évoquant un pan de notre histoire. 

 Notre pays a des frontières et un État depuis la dynastie Hafsides (XIIIe-XVIe siècle).

Il a été la première «province» à se rebeller contre  le calife musulman, au IXe siècle.

Il a été avec ses autochtones : Ibn Khaldoun, El-Houssari, ou Ibn Mandhour, un des centres de la pensée musulmane.

 

beji-caid-essebsi.jpeg

Les femmes tunisiennes  ont été les premières s’émanciper en terre d’islam et certaine aujourd'hui prône la laïcité et la tolérance.

 

 

Il a été le premier pays arabe à se doter d’une constitution (1861) et à abolir l’esclavage (1846) par Ahmed Bey 1er, deux ans avant la France.

Les démocraties occidentales quoique universelles ne peuvent en aucune sorte être un modèle. Elles se sont faites autour d'événements propres à chaque pays; la révolution américaine n'est pas la révolution française, ni l'anglaise, toutes héritières de l'antiquité grecque. Le monde arabe, de par son appartenance musulmane et quelque peu chrétienne, n'a toujours pas admis la laïcité phénomène important dans les démocraties. Calvin et Luther, en proposant le protestantisme, donnant un coup de pied dans la fourmilière catholique, a permis une approche laïque, alors que le monde musulman accentue le dogme en voulant des États musulmans où la Charria, loie d'un autre temps ne peut absolument pas permettre une démocratie du style occidental. La Charria est incompatible avec la modernité revendiquée par la jeunesse arabe, revendication appuyée par la mondialisation avec sa diarrhée médiatique et contrecarrée par ailleurs par les paraboles islamiques.

  De toute façon la Tunisie a bien fait comprendre aux riverains nord de la Méditerranée ainsi qu'au monde qu'il faudra compter avec un autre monde arabe, non pas celui du pétrole, mais celui de l'intelligence du donnant / donnant.

 L'Ifrikya a donné son nom à l'Afrique il y a des siècles et bien, encore maintenant la Tunisie donne son nom à la Révolution du réveille arabe. Si Peyrefitte avait traîné ses guêtres chez nous, il n'aurait pas parlé de la Chine. Et bien voilà nos ancêtres les carthaginois et autre sont fières de cette onde de choc dont l'épicentre est  Mohamed BOUAZIZI, un tunisien immolé. Le jasmin je veux bien, c'est une image, je préfère le faire pousser sur les tombes des martyrs libérateurs.


imgres.jpeg

 

 

 

 

 


 

30.11.2007

MISE À JOUR D'UN MONUMENT SACRÉ DU JUDAÏSME À KELIBIA/TUNISIE (plus d'infos)

J'ai reçu un courriel de  Mr RIDENE Tarek Architecte , membre de l'ASM  Kélibia qui nous donne plus  d'informations concernant cette magistrale découvere .(je  le publie avec son aimable autorisation)

Icare ou Le Jasmin Ivre.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 

Voici des photos de la mosaïque évoquant ce lieu sacré du judaïsme. Ces photos ont était prit le 5 mai 2007 lors d'une journée scientifique organisé par l' ASM Kélibia avec la collaboration de  l’archéologue Mounir Fantar

 je voudrais aussi vous transmettre un aperçu historique du fort de Kélibia (extrait du "les installations militaires et la défense des cotes tunisienne du XVIéme au XIXéme siècle", thèse Paris-Sorbonne 1988 de Djelloul Neji.) avec quelques photos (pièces jointes) pour corriger certaines erreur apparu dans votre article.
   
 
" Le monument occupe le sommet d’une éperon rocheux ( 78 m d’altitude), parfaitement situé pour le contrôle des côtes du cap Bon et du golfe de Tunis, ainsi que du riche pays de la Dekhla

La première citadelle punique, édifiée sur ce site, daterait du Véme siècle av. J.-C. Cet ouvrage fut détruit, puis reconstruit par le tyran de Syracuse Agathocle en 310 av. J.-C. Une nouvelle forteresse carthaginoise, dont les masures sont encore apparentes au sud-ouest du monument actuel, verra le jour au IIIéme siècle av. J.-C., lors de la dernière guerre punique.
   L’unification politique de la méditerranée à l’époque romaine avait éclipsé la grande place de guerre punique, et sa forteresse ne fut jamais reconstruite. Vers 580, les Byzantins élevèrent au sommet de la colline un fortin, dont les vestiges sont encore apparents à l’intérieur de la citadelle ziride. Cet ouvrage fut le dernier refuge de l’armée grecque défaite à Carthage en 698, et devint un centre de ribat à l’époque aghlabite (IXéme siècle).

Pour parer à un nouveau retour des normands, qui s’emparèrent de Kélibia au milieu du XIIéme siècle, le prince Ziride Yahya Ibn Tamime fit construite (vers 1112-1115) une vaste citadelle, occupant presque toute la superficie de l’éminence. Les structures du monument actuel datent en grande partie de ces travaux. A cette époque remonte également le passage protégé (de 200 m de long) reliant, à l’ouest, la citadelle à la ville basse. Les gros blocs ( de tradition cyclopéennes) réemployés proviennent cependant des ruines de l’ouvrage punique.

Sous les Hafsides (XIIIéme-XVIéme siècle) la citadelle Ziride fut un grand centre mystique et une importante place de guerre. Le monument fut à son tour restauré par le prince Abou Faris, au XVéme siècle , qui y créa par la même occasion un centre de colombiers.
 Kélibia fut, grâce à sa position, un des théâtres du conflit hispano-turc au XVIéme siècles. Les restaurations entreprises par les Ottomans du XVIéme au XVIIIéme siècle portèrent surtout sur les ouvrages de flanquement et les parties hautes du monument, qui altèrent profondément sa structure ziride. L’avant-mur actuel date, quant a lui, des travaux du XIXéme siècle."
 
RIDENE Tarek Architecte , membre de l'ASM  Kélibia

 

 

 

 30835be96829974f482a1f725760a425.jpg

 

de405c025ba85988e3df20f97faa5cd6.jpg

 773d3921b872dba53e63080bbff1a68f.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 


                  

               

14.08.2007

MISE À JOUR D'UN MONUMENT SACRÉ DU JUDAÏSME À KELIBIA/TUNISIE

TUNIS, 19 juil 2007 (AFP) -  Une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l’antiquité, a été mise au jour à Kélibia, ville de Tunisie, a-t-on appris jeudi à l’Institut national du Patrimoine (INP) Ces vestiges, sans doute une synagogue antique, “en tout cas un lieu sacré”, ont été découverts lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée.  Cette découverte a été présentée par l’archéologue Mounir Fantar lors d’une journée scientifique à l’INP, qui en a fait état dans son dernier bulletin interne. Il s’agirait d’une première, les vestiges constituant la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon.  La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d’un lieu sacré juif. Le monument, daté a priori du 5e siècle avant JC, est constitué d’une mosaïque “en parfaite conservation” et dont les motifs dessinent douze chandeliers à sept branches.  Cette oeuvre célèbre l’accomplissement du voeu d’un mécène du nom d’Ivdantis (Judas).  Dès sa découverte, un périmètre de sécurité a été installé autour du site en attendant des fouilles dirigées par Mounir Fantar, responsable des monuments de la province de Nabeul.  L’histoire de Kélibia (Clupea) remonte à l’époque punique comme en témoigne la découverte d’une nécropole et de vestiges du 5e au 2e siècle avant JC.  Cette ville est dominée par une forteresse byzantine (6e siècle) perchée au-dessous d’une falaise de 150 mètres, qui assurait la défense du port.  Le sud de la Tunisie abrite la plus ancienne synagogue d’Afrique, “La Ghriba”, située sur l’île de Djerba et qui accueille chaque année des milliers de pèlerins juifs d’Europe et d’Israël. Ces derniers sont originaires de Tunisie pour la plupart.  La communauté juive, forte de cent mille personnes il y a cinquante ans, se limite actuellement à un millier de personnes, la plupart ayant quitté le pays pour s’établir surtout en France et en Israël
 
 
 
82b4a51c4d33883d7aff4a831c83a5ae.jpg

02.07.2007

La Ghriba paru le 13/05/07 dans Jeune afrique

Ce sont des touristes pas tout à fait comme les autres qui ont afflué par centaines, les 5 et 6 mai, à Djerba, pour un week-end aussi festif que coloré. De confession juive, la plupart sont venus d’Europe et d’Israël, sans hésiter un instant à poser le pied dans un pays arabo-musulman. Tous n’avaient qu’un objectif en tête : le pèlerinage annuel de la synagogue de la Ghriba, sur cette île de quelque 500 km2 où 800 juifs habitent encore aujourd’hui.

Entre 4 000 et 5 000 personnes y ont participé, selon les organisateurs. Une fréquentation en hausse, qui permet à l’événement de retrouver son niveau d’« avant ». « Avant » ? Avant l’attentat au camion piégé qui, le 11 avril 2002, avait tué 21 personnes, dont 14 Allemands, et largement endommagé la façade de l’édifice. Revendiquée par al-Qaïda, l’attaque avait provoqué une chute de la participation à la manifestation les années suivantes. Tombée à un millier de pèlerins seulement en 2003, sa fréquentation était ensuite progressivement repartie à la hausse, mais sans jamais parvenir à retrouver son niveau d’antan.

La satisfaction est donc de mise à Tunis et, en quelque sorte, inespérée. Contre toute attente, les fusillades qui ont opposé, à la fin du mois de décembre 2006 et au début de janvier 2007, dans la banlieue de Tunis, les forces de l’ordre à des groupes armés entraînés par les salafistes algériens n’ont pas dissuadé les touristes de venir en Tunisie cette année. Plus : ce retour au premier plan du pèlerinage de la Ghriba permet aussi à l’événement de retrouver le rôle très politique qu’il avait acquis durant la décennie 1990, alors qu’il ne relevait autrefois que de la tradition religieuse.

Pendant des siècles, en effet, seules les communautés juives locales s’y rendaient. En raison de leur proximité géographique, les juifs libyens, tout particulièrement, en étaient de fervents adeptes. Les visiteurs, généralement des ruraux aux revenus modestes, y affluaient pour implorer une aide divine et faire la fête. La Ghriba, qui signifie « L’étrangère », en arabe, accueillait de nombreuses jeunes filles qui espéraient y trouver un fiancé dans la promiscuité et l’ambiance chaleureuse de la hiloula. Les femmes mariées venaient, elles, y chercher la fertilité : le premier jour du pèlerinage, elles plaçaient un œuf dans un caveau situé au fond de la synagogue et le reprenaient le lendemain pour le manger.

Si, avec le temps, la modernisation des mœurs et l’émigration, ces traditions se sont quelque peu perdues, la volonté des autorités tunisiennes de faire de la Ghriba un symbole de tolérance religieuse entre juifs et musulmans, au lendemain de l’accord de paix israélo-palestinien de 1993, a aussi bouleversé sa vocation. Dès le départ, Israël s’est engouffré dans la brèche pour faire du pèlerinage un outil de communication. Aujourd’hui, il est devenu une manifestation très courue des rabbins ainsi que des personnalités politiques et des journalistes juifs. Leur objectif : amener le monde arabe à « normaliser » ses relations diplomatiques avec l’État hébreu alors que ce dernier n’a toujours pas retiré ses soldats des territoires occupés de Palestine et de Syrie…

Cette année, les Israéliens sont venus particulièrement nombreux. Ils étaient au nombre de 1 000, si l’on en croit les organisateurs du pèlerinage. Plus mesurées, des sources indépendantes estiment, elles, qu’ils étaient plutôt 500. Parmi eux, en tout cas, se trouvait David Tal, un député israélien membre du parti Kadima, fondé par Ariel Sharon en novembre 2005, qui a appelé à « un rapprochement fructueux » entre son pays et la Tunisie. Beaucoup de jeunes rabbins étaient présents également, plus particulièrement attirés, eux, par la légende selon laquelle la synagogue de Djerba serait construite avec des pierres issues de la destruction du temple de Jérusalem, il y a plus de vingt siècles.ed6f663845e9720adf3c552d6c1d4968.jpeg

 

31.03.2007

ISRAEL TUNISIE SHOAH

ISRAEL TUNISIE SHOAH - Pour la première fois, un Arabe est candidat (à titre posthume) au titre de Juste des Nations
jan 23

Rubrique: Actualité

Pour la première fois, un arabe est candidat (à titre posthume) au titre de Juste des Nations : il s’agit de KHALED ABDELWAHAB, un fermier tunisien , décédé en 1997 qui, selon le témoignage d’Annie Boucris, l’a caché, elle et 24 membres de sa famille, dans sa ferme durant l’occupation de la Tunisie par l’armée allemande.

Sa candidature a été déposée par un orientaliste juif américain, le Dr Robert Stalof, suite à une enquête consacrée aux arabes qui ont sauvé des juifs durant la Shoah. Cet orientaliste espère que ses recherches contribueront à briser le mur de silence existant dans le monde arabe à ce sujet. Jusqu’à présent, Yad Vashem a reconnu plus de 21.000 justes des Nations dont 2262 Français.-

Source: CJE



TUNISIE SHOAH

News: ISRAEL TUNISIE SHOAH - Yad Vashem, à l’initiative de Claude Sitbon, a décidé de commémorer la rafle des Juifs de Tunis

fév18

Par Yaël Rose pour L'ARCHE
Rubrique: Shoah

L’histoire des Juifs de Tunisie reste aujourd’hui encore relativement mal connue du grand public. Plus encore, leur histoire pendant l’occupation nazie. Pour réparer cette quasi-ignorance, Yad Vashem, à l’initiative de l’historien Claude Sitbon, a décidé pour la première fois depuis sa création de commémorer la rafle des Juifs de Tunis (9 décembre 1942).

Extrait de L’Arche n° 585, janvier 2007 :

La Tunisie, à l’époque protectorat français, est le seul pays d’Afrique du Nord à avoir connu l’Occupation. Les lois de Vichy étaient en vigueur depuis 1940 ; mais c’est en 1942 que les troupes allemandes font leur arrivée brutale en Tunisie. Comme l’écrira Albert Memmi, l’histoire du monde rattrape violemment les Juifs de Tunisie.

La même histoire, cent fois répétée en Europe, commence : rationnements, port de l’étoile jaune dans les villes intérieures, réquisitions, spoliations, numerus clausus, amendes infligées aux communautés, le tout sous les bombardements intensifs des forces alliées. Le jour de la rafle, 2 000 hommes sont arrêtés, que les Allemands iront parfois ramasser jusque dans les synagogues.

En six mois d’occupation, de décembre 1942 à mai 1943, sur une population de 75 000 Juifs, 4 000 hommes seront envoyés aux travaux forcés dans des camps – sans compter les « Tunisiens de France » qui seront déportés à Auschwitz. Le grand organisateur, le colonel Walter Rauff, qui dirige les troupes SS, s’est déjà fait un nom. Le concepteur des chambres à gaz mobiles – où les gaz d’échappement étaient rejetés à l’intérieur du camion, provoquant ainsi la mort par asphyxie d’une cinquantaine de personnes -, c’est lui : 100 000 victimes en Ukraine, Biélorussie, Yougoslavie.

Claude Sitbon, qui prépare la sortie d’un livre sous la direction de Yad Vashem, explique : « La présence des SS aux côtés de la Wehrmacht prouve que les Juifs de Tunisie faisaient partie de la Solution finale. La défaite des forces de l’Axe à El Alamein et l’enlisement des Allemands à Stalingrad, ce concours de circonstances historiques, expliquent que les Juifs de Tunisie n’aient pas connu le même sort que ceux de Salonique. Car, finalement, Varsovie-Salonique-Tunis sont un même destin. Il n’y a pas à faire de différence entre Sépharades et Ashkénazes : tous les Juifs sont des survivants. »

Et ils sont là, ces survivants. Debout dans la Crypte du souvenir du Mémorial de la Shoah. Un homme leur fait face, debout lui aussi au milieu de la crypte, vêtu de son « talit » devenu point de lumière au milieu de cette ombre. L’homme chante un psaume : c’est le rav Éric Bellaïche, le petit-fils du rav Haïm Bellaïche, le grand rabbin de Tunisie qui avait courageusement accompagné sa communauté pendant l’Occupation. Le petit-fils récite le « Kaddish », et la famille tunisienne, accourue depuis tous les coins d’Israël, habituellement bavarde, ironique et fantasque, se tait.

Il y a dans l’assistance des rescapés des camps de travail. Il y a des rescapés tout court. Ils sont là, avec enfants et parfois petits-enfants. Après la prière pour les morts, c’est avec émotion et gravité que tout le monde chante la « Hatikva » : prière pour les vivants.

L’initiative de Claude Sitbon a été chaleureusement accueillie par la direction de Yad Vashem. Avner Shalev, le président du comité directeur de Yad Vashem, prend la parole dans l’auditorium. Son discours sera suivi par ceux du député David Tal, dont la famille est originaire de Tunisie, et de Mordehaï Paldiel, directeur du Département des Justes des Nations. Avner Shalev : « L’arrivée des Allemands a complètement bouleversé l’équilibre social qui avait été trouvé dans la société tunisienne. L’expérience de vie commune entre Juifs et Musulmans se décompose avec l’arrivée des Allemands, ce qui nous rappelle que nous ne devons jamais dépendre de personne mais ne compter que sur nous-mêmes. C’est cette nécessité qui est aussi à l’origine de l’État d’Israël et chacun, à sa façon, doit continuer à porter ce projet nourri par notre mémoire. »

L’influence ravageuse de la propagande antisémite du Grand Mufti de Jérusalem, qui indiquait à Hitler quelles devaient être ses cibles dans le monde arabe et musulman, devait aussi produire ses effets dans la société tunisienne qui serait pourtant la première à payer le prix de son identité originale en voie de création. Mordehaï Paldiel explique que son département, en collaboration avec Claude Sitbon, est en train de travailler sur le dossier de Moncef Bey, qui avait autorité sur la Tunisie pendant la période de l’Occupation. On sait que le roi du Maroc avait pris sous sa protection ses sujets juifs. Moncef Bey, lui, avait déclaré que tous les Tunisiens étaient ses enfants.

Mordehaï Paldiel cite d’autres témoignages sur des Tunisiens non-juifs – arabes, italiens, maltais – qui, au prix de leur sécurité et parfois de leur vie, ont aidé des Juifs. Ainsi, le témoignage reçu il y a à peine deux semaines d’Annie Bokris, décédée depuis, qui nommait la famille arabe chez qui les siens avaient trouvé refuge. Margalit Uzzan, dont le mari était un cousin d’Annie Bokris, explique à ses voisins dans l’assistance : quand la maison familiale fut réquisitionnée par les Allemands, et que tout le monde se retrouva à la rue, un paysan mit sa grange à leur disposition. Plusieurs familles juives vinrent s’y cacher.

Claude Sitbon le dira en conclusion : « On croit que tout est dit et que tout est trouvé », mais son expérience lui a prouvé qu’en matière historique, la complétude n’est jamais un fait. Plus de soixante ans après les événements, il reste beaucoup d’histoires à raconter, de noms à collecter, de mémoires à restaurer.

Parfois un souvenir, un objet, un document, qui peuvent paraître insignifiants pour leur dépositaire, revêtent une importance capitale pour la mémoire collective qui doit se conserver pour pouvoir se transmettre. C’est pourquoi Yad Vashem demande aux Juifs tunisiens de l’aider à compléter cette partie de notre histoire qui n’appartient à personne mais dont tout le monde est dépositaire. Tel est aussi le sens de la commémoration de la Libération des Juifs de Tunis, qui aura lieu désormais tous les 7 mai à Yad Vashem. Rendez-vous est pris : la mémoire des Juifs de Tunisie est une responsabilité pour tous les Juifs.

Source: L'ARCHE

09.01.2007

Le mois de Malt à Tunis

"Malta hanina"  Voir le programme en cliquant sur le lien suivant:

 

 

http://www.villedetunis.com/articles/article1974.html

07.01.2007

Les vendredis de MALTE

CHANGEMENT D'HORAIRE:

La conférence aura lieu  à 17H00 et non 18H00 comme annoncé précédemment.  Merci

02.01.2007

"LES VENDREDIS DE MALTE"

                                                                Chers amis,
medium_thumb_KR.jpg
 

J’aurai le plaisir de donner une conférence dans le cadre des "Vendredis de Malte". Une manifestation célébrant l’amitié Tuniso-Maltaise.



 

Ecrivain, appartenant à la communauté maltaise de Tunis, ce sera l’occasion pour moi de raconter l’histoire de ces immigrants, dont certains sont arrivés en Tunisie bien avant l’implantation du Protectorat.

 

Mon intervention aura lieu le samedi 20 janvier 2007 à 17 heures. Elle se tiendra au Club Culturel Tahar Haddad dans la Médina. Entrée libre.

 

Vous y serez les bienvenus.

 Avec toute ma sympathie. 

Et Mabrouk AÏD
 

Claude RIZZO.

 

 

Romans de Claude RIZZO ayant trait au sujet : -        

Le Maltais de Bab el-Khadra.-        

Tunisie de notre jeunesse.