30.11.2007

MISE À JOUR D'UN MONUMENT SACRÉ DU JUDAÏSME À KELIBIA/TUNISIE (plus d'infos)

J'ai reçu un courriel de  Mr RIDENE Tarek Architecte , membre de l'ASM  Kélibia qui nous donne plus  d'informations concernant cette magistrale découvere .(je  le publie avec son aimable autorisation)

Icare ou Le Jasmin Ivre.

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Voici des photos de la mosaïque évoquant ce lieu sacré du judaïsme. Ces photos ont était prit le 5 mai 2007 lors d'une journée scientifique organisé par l' ASM Kélibia avec la collaboration de  l’archéologue Mounir Fantar

 je voudrais aussi vous transmettre un aperçu historique du fort de Kélibia (extrait du "les installations militaires et la défense des cotes tunisienne du XVIéme au XIXéme siècle", thèse Paris-Sorbonne 1988 de Djelloul Neji.) avec quelques photos (pièces jointes) pour corriger certaines erreur apparu dans votre article.
   
 
" Le monument occupe le sommet d’une éperon rocheux ( 78 m d’altitude), parfaitement situé pour le contrôle des côtes du cap Bon et du golfe de Tunis, ainsi que du riche pays de la Dekhla

La première citadelle punique, édifiée sur ce site, daterait du Véme siècle av. J.-C. Cet ouvrage fut détruit, puis reconstruit par le tyran de Syracuse Agathocle en 310 av. J.-C. Une nouvelle forteresse carthaginoise, dont les masures sont encore apparentes au sud-ouest du monument actuel, verra le jour au IIIéme siècle av. J.-C., lors de la dernière guerre punique.
   L’unification politique de la méditerranée à l’époque romaine avait éclipsé la grande place de guerre punique, et sa forteresse ne fut jamais reconstruite. Vers 580, les Byzantins élevèrent au sommet de la colline un fortin, dont les vestiges sont encore apparents à l’intérieur de la citadelle ziride. Cet ouvrage fut le dernier refuge de l’armée grecque défaite à Carthage en 698, et devint un centre de ribat à l’époque aghlabite (IXéme siècle).

Pour parer à un nouveau retour des normands, qui s’emparèrent de Kélibia au milieu du XIIéme siècle, le prince Ziride Yahya Ibn Tamime fit construite (vers 1112-1115) une vaste citadelle, occupant presque toute la superficie de l’éminence. Les structures du monument actuel datent en grande partie de ces travaux. A cette époque remonte également le passage protégé (de 200 m de long) reliant, à l’ouest, la citadelle à la ville basse. Les gros blocs ( de tradition cyclopéennes) réemployés proviennent cependant des ruines de l’ouvrage punique.

Sous les Hafsides (XIIIéme-XVIéme siècle) la citadelle Ziride fut un grand centre mystique et une importante place de guerre. Le monument fut à son tour restauré par le prince Abou Faris, au XVéme siècle , qui y créa par la même occasion un centre de colombiers.
 Kélibia fut, grâce à sa position, un des théâtres du conflit hispano-turc au XVIéme siècles. Les restaurations entreprises par les Ottomans du XVIéme au XVIIIéme siècle portèrent surtout sur les ouvrages de flanquement et les parties hautes du monument, qui altèrent profondément sa structure ziride. L’avant-mur actuel date, quant a lui, des travaux du XIXéme siècle."
 
RIDENE Tarek Architecte , membre de l'ASM  Kélibia

 

 

 

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14.08.2007

MISE À JOUR D'UN MONUMENT SACRÉ DU JUDAÏSME À KELIBIA/TUNISIE

TUNIS, 19 juil 2007 (AFP) -  Une mosaïque évoquant un lieu sacré du judaïsme remontant à la fin de l’antiquité, a été mise au jour à Kélibia, ville de Tunisie, a-t-on appris jeudi à l’Institut national du Patrimoine (INP) Ces vestiges, sans doute une synagogue antique, “en tout cas un lieu sacré”, ont été découverts lors de travaux de voirie menés au pied de la forteresse surplombant le port de Kélibia, à 110 km au sud de Tunis, sur le littoral nord-est de la Méditerranée.  Cette découverte a été présentée par l’archéologue Mounir Fantar lors d’une journée scientifique à l’INP, qui en a fait état dans son dernier bulletin interne. Il s’agirait d’une première, les vestiges constituant la première preuve d’une présence antique du judaïsme dans cette région du Cap Bon.  La représentation de chandeliers à sept branches, symboles du judaïsme, ne laisse aucun doute sur la présence d’un lieu sacré juif. Le monument, daté a priori du 5e siècle avant JC, est constitué d’une mosaïque “en parfaite conservation” et dont les motifs dessinent douze chandeliers à sept branches.  Cette oeuvre célèbre l’accomplissement du voeu d’un mécène du nom d’Ivdantis (Judas).  Dès sa découverte, un périmètre de sécurité a été installé autour du site en attendant des fouilles dirigées par Mounir Fantar, responsable des monuments de la province de Nabeul.  L’histoire de Kélibia (Clupea) remonte à l’époque punique comme en témoigne la découverte d’une nécropole et de vestiges du 5e au 2e siècle avant JC.  Cette ville est dominée par une forteresse byzantine (6e siècle) perchée au-dessous d’une falaise de 150 mètres, qui assurait la défense du port.  Le sud de la Tunisie abrite la plus ancienne synagogue d’Afrique, “La Ghriba”, située sur l’île de Djerba et qui accueille chaque année des milliers de pèlerins juifs d’Europe et d’Israël. Ces derniers sont originaires de Tunisie pour la plupart.  La communauté juive, forte de cent mille personnes il y a cinquante ans, se limite actuellement à un millier de personnes, la plupart ayant quitté le pays pour s’établir surtout en France et en Israël
 
 
 
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31.03.2007

ISRAEL TUNISIE SHOAH

ISRAEL TUNISIE SHOAH - Pour la première fois, un Arabe est candidat (à titre posthume) au titre de Juste des Nations
jan 23

Rubrique: Actualité

Pour la première fois, un arabe est candidat (à titre posthume) au titre de Juste des Nations : il s’agit de KHALED ABDELWAHAB, un fermier tunisien , décédé en 1997 qui, selon le témoignage d’Annie Boucris, l’a caché, elle et 24 membres de sa famille, dans sa ferme durant l’occupation de la Tunisie par l’armée allemande.

Sa candidature a été déposée par un orientaliste juif américain, le Dr Robert Stalof, suite à une enquête consacrée aux arabes qui ont sauvé des juifs durant la Shoah. Cet orientaliste espère que ses recherches contribueront à briser le mur de silence existant dans le monde arabe à ce sujet. Jusqu’à présent, Yad Vashem a reconnu plus de 21.000 justes des Nations dont 2262 Français.-

Source: CJE



TUNISIE SHOAH

News: ISRAEL TUNISIE SHOAH - Yad Vashem, à l’initiative de Claude Sitbon, a décidé de commémorer la rafle des Juifs de Tunis

fév18

Par Yaël Rose pour L'ARCHE
Rubrique: Shoah

L’histoire des Juifs de Tunisie reste aujourd’hui encore relativement mal connue du grand public. Plus encore, leur histoire pendant l’occupation nazie. Pour réparer cette quasi-ignorance, Yad Vashem, à l’initiative de l’historien Claude Sitbon, a décidé pour la première fois depuis sa création de commémorer la rafle des Juifs de Tunis (9 décembre 1942).

Extrait de L’Arche n° 585, janvier 2007 :

La Tunisie, à l’époque protectorat français, est le seul pays d’Afrique du Nord à avoir connu l’Occupation. Les lois de Vichy étaient en vigueur depuis 1940 ; mais c’est en 1942 que les troupes allemandes font leur arrivée brutale en Tunisie. Comme l’écrira Albert Memmi, l’histoire du monde rattrape violemment les Juifs de Tunisie.

La même histoire, cent fois répétée en Europe, commence : rationnements, port de l’étoile jaune dans les villes intérieures, réquisitions, spoliations, numerus clausus, amendes infligées aux communautés, le tout sous les bombardements intensifs des forces alliées. Le jour de la rafle, 2 000 hommes sont arrêtés, que les Allemands iront parfois ramasser jusque dans les synagogues.

En six mois d’occupation, de décembre 1942 à mai 1943, sur une population de 75 000 Juifs, 4 000 hommes seront envoyés aux travaux forcés dans des camps – sans compter les « Tunisiens de France » qui seront déportés à Auschwitz. Le grand organisateur, le colonel Walter Rauff, qui dirige les troupes SS, s’est déjà fait un nom. Le concepteur des chambres à gaz mobiles – où les gaz d’échappement étaient rejetés à l’intérieur du camion, provoquant ainsi la mort par asphyxie d’une cinquantaine de personnes -, c’est lui : 100 000 victimes en Ukraine, Biélorussie, Yougoslavie.

Claude Sitbon, qui prépare la sortie d’un livre sous la direction de Yad Vashem, explique : « La présence des SS aux côtés de la Wehrmacht prouve que les Juifs de Tunisie faisaient partie de la Solution finale. La défaite des forces de l’Axe à El Alamein et l’enlisement des Allemands à Stalingrad, ce concours de circonstances historiques, expliquent que les Juifs de Tunisie n’aient pas connu le même sort que ceux de Salonique. Car, finalement, Varsovie-Salonique-Tunis sont un même destin. Il n’y a pas à faire de différence entre Sépharades et Ashkénazes : tous les Juifs sont des survivants. »

Et ils sont là, ces survivants. Debout dans la Crypte du souvenir du Mémorial de la Shoah. Un homme leur fait face, debout lui aussi au milieu de la crypte, vêtu de son « talit » devenu point de lumière au milieu de cette ombre. L’homme chante un psaume : c’est le rav Éric Bellaïche, le petit-fils du rav Haïm Bellaïche, le grand rabbin de Tunisie qui avait courageusement accompagné sa communauté pendant l’Occupation. Le petit-fils récite le « Kaddish », et la famille tunisienne, accourue depuis tous les coins d’Israël, habituellement bavarde, ironique et fantasque, se tait.

Il y a dans l’assistance des rescapés des camps de travail. Il y a des rescapés tout court. Ils sont là, avec enfants et parfois petits-enfants. Après la prière pour les morts, c’est avec émotion et gravité que tout le monde chante la « Hatikva » : prière pour les vivants.

L’initiative de Claude Sitbon a été chaleureusement accueillie par la direction de Yad Vashem. Avner Shalev, le président du comité directeur de Yad Vashem, prend la parole dans l’auditorium. Son discours sera suivi par ceux du député David Tal, dont la famille est originaire de Tunisie, et de Mordehaï Paldiel, directeur du Département des Justes des Nations. Avner Shalev : « L’arrivée des Allemands a complètement bouleversé l’équilibre social qui avait été trouvé dans la société tunisienne. L’expérience de vie commune entre Juifs et Musulmans se décompose avec l’arrivée des Allemands, ce qui nous rappelle que nous ne devons jamais dépendre de personne mais ne compter que sur nous-mêmes. C’est cette nécessité qui est aussi à l’origine de l’État d’Israël et chacun, à sa façon, doit continuer à porter ce projet nourri par notre mémoire. »

L’influence ravageuse de la propagande antisémite du Grand Mufti de Jérusalem, qui indiquait à Hitler quelles devaient être ses cibles dans le monde arabe et musulman, devait aussi produire ses effets dans la société tunisienne qui serait pourtant la première à payer le prix de son identité originale en voie de création. Mordehaï Paldiel explique que son département, en collaboration avec Claude Sitbon, est en train de travailler sur le dossier de Moncef Bey, qui avait autorité sur la Tunisie pendant la période de l’Occupation. On sait que le roi du Maroc avait pris sous sa protection ses sujets juifs. Moncef Bey, lui, avait déclaré que tous les Tunisiens étaient ses enfants.

Mordehaï Paldiel cite d’autres témoignages sur des Tunisiens non-juifs – arabes, italiens, maltais – qui, au prix de leur sécurité et parfois de leur vie, ont aidé des Juifs. Ainsi, le témoignage reçu il y a à peine deux semaines d’Annie Bokris, décédée depuis, qui nommait la famille arabe chez qui les siens avaient trouvé refuge. Margalit Uzzan, dont le mari était un cousin d’Annie Bokris, explique à ses voisins dans l’assistance : quand la maison familiale fut réquisitionnée par les Allemands, et que tout le monde se retrouva à la rue, un paysan mit sa grange à leur disposition. Plusieurs familles juives vinrent s’y cacher.

Claude Sitbon le dira en conclusion : « On croit que tout est dit et que tout est trouvé », mais son expérience lui a prouvé qu’en matière historique, la complétude n’est jamais un fait. Plus de soixante ans après les événements, il reste beaucoup d’histoires à raconter, de noms à collecter, de mémoires à restaurer.

Parfois un souvenir, un objet, un document, qui peuvent paraître insignifiants pour leur dépositaire, revêtent une importance capitale pour la mémoire collective qui doit se conserver pour pouvoir se transmettre. C’est pourquoi Yad Vashem demande aux Juifs tunisiens de l’aider à compléter cette partie de notre histoire qui n’appartient à personne mais dont tout le monde est dépositaire. Tel est aussi le sens de la commémoration de la Libération des Juifs de Tunis, qui aura lieu désormais tous les 7 mai à Yad Vashem. Rendez-vous est pris : la mémoire des Juifs de Tunisie est une responsabilité pour tous les Juifs.

Source: L'ARCHE

29.03.2006

JUIFS TUNISIENS ET MONCEF BEY

Ce que les juifs tunisiens doivent à Moncef Bey
TUNISIE - 4 décembre 2005 - par PAR ANDRÉ NAHUM *
(Paru dans Jeune afrique )

Quelques jours après le débarquement allié en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942, les Allemands s'installaient en Tunisie sans coup férir. L'occupation nazie dura six mois et prit fin le 7 mai 1943 avec l'arrivée à Tunis des premiers éléments de la huitième armée britannique suivis le lendemain par les Américains.
Pendant ces six mois de tous les dangers, les juifs de Tunisie se sont trouvés seuls à la merci de l'armée allemande qui leur transmettait ses diktats par l'intermédiaire d'un conseil de la Communauté, une sorte de Judenrat nommé dans l'urgence. Or, de tous les pays occupés par les nazis, la Tunisie est le seul, mis à part le Danemark, dont la communauté juive s'en est sortie presque intacte. Comment expliquer ce véritable miracle ?

Il est vrai que malgré leurs succès militaires initiaux sur l'armée américaine, les Allemands se faisaient très peu d'illusions sur leurs chances de la vaincre. Les Alliés étaient à une cinquantaine de kilomètres à l'ouest de Tunis au niveau de Medjez el-Bab, disposaient d'un armement considérable et étaient maîtres de la mer et du ciel.

Mais les choses auraient certainement très mal tourné pour les juifs si le souverain tunisien, Moncef Bey, l'avait voulu. Ce prince monté depuis peu sur le trône aimait assurer que les juifs étaient des citoyens tunisiens comme les autres. Il n'avait certes aucune possibilité d'empêcher les Allemands de prendre un certain nombre de mesures à leur encontre : réquisitions, racket, punitions collectives. Des milliers de jeunes furent astreints au travail obligatoire dans des Juden Arbeitslager, mais les juifs qui n'étaient pas dans les camps continuèrent à vivre presque normalement, à célébrer le shabbat et les fêtes et, pour Pessah par exemple, faisaient cuire leurs pains azymes comme d'habitude.

Je ne peux dire si Moncef Bey est intervenu d'une façon formelle en faveur de la communauté auprès des Allemands, mais je puis affirmer qu'à aucun moment il n'a favorisé la moindre propagande antijuive comme le firent les autorités de Vichy. Il aurait pu exciter l'antisémitisme latent de ses sujets, il ne l'a pas fait. Il n'eut jamais une attitude hostile à notre égard et, très habilement, refusa de collaborer d'une façon étroite avec l'occupant. Il était nationaliste, souhaitait certainement l'indépendance de son pays, mais, comme Bourguiba, ne voulait pas la devoir aux Allemands.

Malgré cela, le général de Gaulle décida de le détrôner au lendemain de la libération de Tunis et l'envoya en exil en Algérie d'abord puis en France.

J'ai tenu à rendre hommage aujourd'hui à ce prince, dont les juifs de Tunisie ont honoré la mémoire après son décès et le retour de ses cendres dans son pays natal, parce que son comportement contrastait avec celui de la quasi-totalité des gouvernements fantoches des pays occupés. Pendant que le maréchal Pétain et son administration favorisaient la chasse aux juifs, un prince musulman nous témoigna sa sympathie. En cette période où des campagnes haineuses envers les juifs se développent dans des pays musulmans, il est bon de rappeler que, si le judaïsme tunisien a survécu à l'un des plus grands dangers de son histoire, c'est en partie au moins à un prince musulman qu'il le doit.


* Médecin, écrivain, conteur. Animateur à radio Judaïques-FM (Paris). Dernier livre paru : Feuilles d'exil. De Carthage à Sarcelles (éditions Café noir, novembre 2004).

21.01.2006

VOILE "SAFSARI"

Le safsari serait-il d’actualité ?
Ah s’il revenait à la mode et non celui dicté par des falots en mal de nostalgie.
Voici quelques photos glanées pour vous dire son charme.
Il drapait les femmes, dissimulait leur beauté et parfois leur donnait une démarche cotonneuse pareille aux voles des colombes.
Ce que j’aime dans la femme voilée de mon adolescence c’est ce mélange de pudeur et de sensualité laissant apparaître un regard langoureux, espiègle…





REGARDS



VOILAGE ET TRANSPARENCE


DRAPÉS


LUMIERE


...à bientôt. Votre charme et votre beauté n'ont nullement besoin du voile.

13.12.2005

Il était une fois les italiens de TUNISIE

Un site Internet a été entièrement consacré à l’histoire et à la culture des Italiens de Tunisie. En cliquant sur www.italianiditunisia.com les descendants de la colonie italienne de Tunisie et tous ceux qui s’y intéressent pourront accéder à une riche documentation sur leur migration et expérience de métissage culturel dans ce pays. Des fiches en version bilingue italien et français étudient les différents domaines d’expression de ces Italiens d’outremer : la presse, la peinture, l’architecture, le monde du spectacle et la littérature. En se rencontrant, ne serait-ce que virtuellement, les Italiani di Tunisia pourront contribuer à la sauvegarde ainsi qu’à la mise en valeur de la mémoire d’une communauté presque complètement disparue dans son pays natal. En effet, des quelque cent mille Italiens qui résident en Tunisie sous le Protectorat français, il ne reste plus que quelques centaines de représentants de l’ancienne diaspora.
Les promoteurs de l’initiative, parmi lesquels figure la romancière italo-tunisienne Marinette Pendola, considèrent que l’expérience des migrants italiens en Tunisie s’inscrit dans une vraie tradition d’ouverture et de tolérance entre peuples méditerranéens. Tunisiens de naissance, ils auront été étrangers à leur pays natal malgré eux car ils vivront jusqu’au bout le rêve nationaliste que cette frontière d’Italie, la Tunisie française, devienne italienne un jour. Finalement il n’en sera rien car la défaite de la seconde guerre mondiale anéantit brusquement les velléités de colonisation italiennes et brisera même l’équilibre franco-italien d’antan, en plongeant la communauté dans le mépris et l’humiliation propres aux perdants. A l’origine des revendications des Italiens de Tunisie avaient été la frustration d’être les plus nombreux parmi tous les étrangers, et donc incontournables dans l’administration du Protectorat, mais relégués à une position ambiguë de ni colonisateurs ni colonisés. La fièvre du régime fasciste, qui les convainc que Rome va bientôt reconquérir Carthage ainsi que toute la Méditerranée, les mobilise contre la France coloniale en ajoutant de l’huile sur le feu.
Si les intérêts du colonisateur français n’ont pas toujours correspondu à ceux des Italiens résidents en Tunisie, le jeune Etat tunisien en quête de sa propre identité nationale, ne leur réserve aucune place. Contraints au départ vers la France ou l’Italie - la patrie retrouvée qui essaye de les accueillir alors qu’ils sont tous d’éducation française - ils seront confinés aux oubliettes pendant plusieurs années.
© Alessio Loreti Rome 2005

www.italianiditunisia.com
Nello Levy, nostalgie